Ludovic Boney : Ahchiouta’ah

19 Septembre - 24 Octobre 2026

Pierre-François Ouellette art contemporain a le plaisir de présenter Ahchiouta'ah, une exposition de Ludovic Boney réunissant des œuvres vidéo et des installations alliant danse, technologies et musique. Cette exposition prolonge l'installation du même nom présentée plus tôt cette année au Studio du Grand Théâtre de Québec dans le cadre de Manif d'art 12 - La biennale de Québec, sous le commissariat d'Ariane Plante. Certaines des œuvres présentées au Grand Théâtre sont ici réinvesties dans un nouveau contexte, tandis que de nouvelles œuvres viennent enrichir et prolonger le projet. Pensée spécifiquement pour l'espace de la galerie, cette nouvelle configuration poursuit ainsi une réflexion critique sur le métissage culturel et la transformation des traditions. Ahchiouta'ah - qui signifie « grand-mère maternelle » en wendat - est aussi un hommage à l'aïeule de l'artiste et à la spiritualité des anciennes de sa communauté. Il s'agit de la toute première installation vidéo de Ludovic Boney, intégrant des technologies immersives telles que le holofan, ainsi que d'une collaboration inédite avec Eruoma Awashish, qui signe la chorégraphie et l'interprétation.

 

 

« Comme un spectre fantomatique, l'image d'une religieuse qui danse se manifeste aléatoirement dans l'espace suspendu. Elle apparaît ici, disparaît là… insaisissable. Emportée par sa transe, elle hybride des danses de pow-wow, accompagnée d'une musique où se mélangent chants autochtones et religieux. Grâce à des effets sonores qui donnent à la voix une texture particulière, la trame sonore évoque, non sans humour, les jeux vocaux que l'on fait, enfant, en parlant près d'un ventilateur en marche!

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Ahchiouta'ah pose un regard à la fois critique et humoristique sur les figures religieuses et sur ce qu'elles signifient pour la communauté wendate et pour l'artiste. En unissant cette symbolique à la technologie, à la gestuelle et à la musique, l'œuvre devient le reflet d'un métissage culturel dont l'empreinte est indélébile. Boney y exprime une mémoire modulée par la transformation des traditions, dont les traces évanescentes continuent de se perpétuer. » 

Extrait du texte de la commissaire Ariane Plante pour la  Manif d'art 12 - La biennale de Québec. Pour lire le texte en entier, cliquez ici.

 

Ce projet a été réalisé avec le soutien du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts du Canada.

 

Photo: Guillaume D. Cyr

 

 

 

Né à Wendake, Ludovic Boney vit et travaille à Lévis. Il œuvre dans des projets d'art public de grande envergure et présente son travail régulièrement en galerie et en centres d'artistes au Québec. Dans le contexte de projets d'intégration en art public, il a réalisé des œuvres à Québec pour le Musée national des beaux-arts du Québec, le Musée de la civilisation et l'Hôtel de Ville, entre autres. Parmi ses réalisations marquantes en art public, on compte Des perles en mémoire, dévoilée à l’occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation 2024 par la Commission des champs de bataille nationaux et sa sculpture In Equilibrium installée à l’Anishnawbe Indigenous Hub de Toronto. Ludovic expose régulièrement dans des événements de renom tels la Biennale de Bonavista, la Biennale d'art contemporain autochtone, la Manif d'art de Québec. Le Musée Huron-Wendat a présenté sa première exposition solo muséale intitulée "Mémoires ennoyées" en 2022. Nommé dans la longue liste du prix Sobey en 2017, il est aussi récipiendaire de la bourse Reveal de la fondation Hnatyshyn. Actuellement, dans le cadre de Manif d'art, Ludovic Boney présente «Ahchiouta'ah», une spectaculaire installation vidéo qui se déploie dans l'espace StudioTelus du Grand Théâtre de Québec. Commissariée par Ariane Plante, il s'agit de la toute première installation vidéo de Ludovic Boney, intégrant des technologies immersives comme le holofan, ainsi que d'une collaboration inédite avec Eruoma Awashish, qui signe la chorégraphie et l'interprétation. Deux oeuvres de la série Mémoires ennoyées sont actuellement visibles: au Musée des beaux-arts de Monréal, dans le casdre de l'exposition Soleils levants : l'art des Confédérations des fleuves et des grands lacs et au Musée de la Côte-Nord.

 

Inscrit dans une recherche formelle aux tendances post-minimalistes, Ludovic Boney intègre nécessairement les contraintes du matériau au concept de ses œuvres. Ses sculptures prennent des allures de structures esthétiques, les plans et les pleins laissent place aux lignes et aux vides pour signifier la création de nouveaux espaces : intimes et discrets. Ainsi, l'intériorité de la sculpture prend de plus en plus d'importance jusqu'à parfois semer une certaine confusion sur l'essence de l'œuvre et son influence sur ce qui l'entoure.

 

Puisque ce sont les ambiances des lieux qui l'inspirent, ses sculptures sont toujours empreintes de celles-ci pour s'y intégrer harmonieusement au moyen de références esthétiques idiosyncrasiques. Les mécaniques, ainsi que le bruit qu'elles produisent, sont des éléments qu'il intègre autant dans la recherche, le développement de la forme, le choix de la matière que dans l'élaboration du concept. De ces juxtapositions se dégage un effet d'unité de vibrance. Les formes qu'il crée sont volumineuses et leur robustesse est invariablement contrastée par une impression perturbante d'équilibre précaire qui suscite, chez le spectateur, un questionnement ou une incitation à la contemplation.

 

Plus récemment, sa recherche s'est tournée vers des sculptures sonores et immersives. En invitant le spectateur à participer à ses installations sculpturales, il crée des tableaux où le spectateur devient l'un des éléments de composition de la proposition.

 

Sa pratique, naturellement formaliste, assume un discours et une appartenance à sa culture autochtone. Il est un artiste multiculturel issu d'une culture hybride. Il associe une tradition culturelle à une esthétique contemporaine et, de fait, il participe activement à une conciliation de la culture canadienne-autochtone.