Alexandre Castonguay: "Inventions"

21 Mars - 9 Mai 2009

La galerie Pierre-François Ouellette art contemporain est fière de s’associer au Festival Elektra et de présenter à l'occasion de son 10ème anniversaire l’exposition « Inventions » d'Alexandre Castonguay et de ses collaborateurs. 

Dans « Inventions » , Alexandre Castonguay propose Rétro-ingénierie (co réalisée avec Mathieu Bouchard), Tafel et EQ qui utilisent la reconstruction et le subterfuge pour révéler les formes et les discours qui sous-tendent l'art médiatique.  Tafel (tableau) consiste en une machine à dessiner qui sert de dispositif de projection au ralenti extrême qui permet d'inscrire les diagrammes de programmation, textes des artistes et simples courriels. Les oeuvres proposent des situations interactives et ludiques et reposent sur la re-création de logiciels, la mimesis de l'écriture d'artiste, la simulation d'interfaces utilisateurs ainsi que sur l'emprunt d'oeuvres réalisées par infographie dans les années 70. Elles explorent le rapport entre l’artiste et ses outils, la disparition de l'unicité de l’objet et l’émergence d’une démarche participative qui conduit à la perte de la qualité d’auteur (authorship).

En ce qui a trait à l’œuvre Rétro-Ingénierie (co-réalisée avec Mathieu Bouchard), Alexandre Castonguay déclare : « J'ai sélectionné des sérigraphies réalisés par l'informatique qui figurent dans la collection de la Galerie d’art de l’Université Carleton. Ces travaux datant des années 1973 et 1974 sont l’œuvre, notamment, de Manfred Mohr, Miljenko Horvath, Georg Nees, Edward Zajec, Frieder Nake, Ken Knowlton et Hiroshi Kawano. Dans le portefolio de chacun de ces artistes, les œuvres étaient accompagnées de textes et de diagrammes provenant de la main des artistes, dans lesquels ces derniers faisaient état de leurs intentions et de la manière dont les dessins ont été réalisés. Dans ces textes, les artistes tentent de comprendre leur pratique liée à l’ordinateur en tant qu’instrument propre à engendrer de nouvelles façons d’aborder les idées établies en matière de composition et d’esthétique. Ces artistes ont, à divers degrés, recouru à des processus aléatoires pour s’émanciper du jugement esthétique et du geste de la main. Dans leurs textes et diagrammes explicatifs, ils mettent à l’avant-plan des questions qui se rattachent à la pratique des arts médiatiques et qui, dans bien des cas, demeurent étonnamment pertinentes de nos jours. Mentionnons, par exemple, le rapport entre l’artiste et la machine, la fin de l’objet et l’émergence d’une démarche participative qui remet en question la place du marché de l’art, la perte de la qualité d’auteur et l’intégration de la technologie dans notre environnement quotidien. Le projet vise à transformer par ingénierie inverse ces œuvres du passé et, ce faisant, à actualiser le discours ayant prévalu à leur création. Un logiciel de Mathieu Bouchard sert à analyser les images choisies en vue de permettre de retrouver les règles logiques ayant présidé à leur création afin d'en générer de nouvelles. Ceci boucle la boucle conceptuelle, l’ordinateur étant appelé à réévaluer le travail de ces premiers artistes médiatiques. La rétro-ingénierie s’inscrit dans la continuité de mes travaux récents et aborde de manière explicite l'histoire des arts médiatiques en vue d’en révéler les formes et les discours. »

L’artiste propose aussi aux visiteurs de participer à des laboratoires libres. Les laboratoires sont un lieu de recherche et d'échange qui se dérouleront dans la galerie au cours des semaines de l'exposition. Ils proposent entre autre, une réflexion sur le processus créatif, la perte de l'authenticité de l'oeuvre d'art, l'effacement du rôle de l'artiste. Le tableau est utilisé comnme un projecteur très lent qui sert à inscrire les courriels, dessins, textes, schémas et diagrammes qui résultent de l'échange avec les participants. En retour, les participants sont invités à poser des questions d'ordre techniques ou théoriques auxquelles l'artiste se fera un devoir de répondre (dans la mesure de ses connaissances). Les réponses porteront sur la culture, le matériel et le logiciel libre. L'artiste sera présent pour vous accueillir le jeudi 2 avril, le samedi 4, le vendredi 10, le samedi 11, le jeudi 23, le samedi 25 avril et le samedi 2 mai de midi à 16h.

Vernissage et performance le samedi 2 mai à 16h. Heures d’ouverture du mercredi au samedi de 12h à 17h jusqu’au 9 mai 2009.

L'artiste remercie le centre de production Daimon, le Conseil des arts et des lettres du Québec et le Conseil de recherche en sciences humaines, la galerie d'art de l'Université Carleton de leur appui. La galerie tient à souligner la collaboration exceptionnelle de la galerie d'art de l'Université Carleton qui a prêté les oeuvres originales inspirant la pièce Rétro-Ingénierie réalisée avec Mathieu Bouchard. Cette oeuvre a été présentée pour la première fois à cette galerie dans le cadre d'une exposition organisée par Sandra Dyck