Karilee Fuglem
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Karilee Fuglem continue d'explorer les phénomènes quasi-imperceptibles, tel que ce qui demeure dans un espace que l'on croit vide dans son oeuvre présentement exposée au Musée des beaux-arts du Canada (et ce, jusqu'au 3 septembre 2007) dans l'exposition Dé-cons-tructions conçue parJosée Drouin-Brisebois, conservatrice de l'art contemporain. 'Depuis plus de dix ans, ses constructions éphémères, notamment Un fil continu (2005), dont le monofilament presque imperceptible s'enroule et se déroule sur lui-même, attirent l'attention sur ces petits détails que l'on perçoit difficilement. Pour Dé-con-structions , le but de Fuglem est de sensibiliser davantage à l'espace choisi, à la relation de notre corps avec ce lieu et à la manière dont nous nous y déplaçons. Étendue imaginaire , créée à partir de 18 km de « fil invisible », retrace les pistes jamais cartographiées que l'esprit peut parcourir dans l'espace. Cette œuvre, dit Fuglem, aide « à visualiser où vagabonde l‘esprit. » L'artiste ajoute que « désormais indissociables de ce lieu, mes équipées imaginaires sont invisibles, à cette trace près. » Consulter le communiqué du Musée: http://www.gallery.ca/french/default_4301.htm

Karilee Fuglem s'intéresse au processus de rendre visible ce qui a priori ne l'est pas. À l'aide de différents matériaux translucides, fragiles, souples et légers, elle rend tactile l'air que nous respirons ou encore l'espace que nous occupons. La magie des installations, des dessins et des photographies de Karilee Fuglem participe de l'esthétique du presque rien, où des matériaux négligeables comme du chewing-gum, de la poussière, des sacs plastique et du fil de nylon sont investis d'un potentiel de sens insoupçonné.
Karilee Fuglem a complété une maîtrise en arts visuels à l’Université Concordia. Elle a exposé un peu partout au Canada et en Espagne, et ce, tant en groupe qu’en solo. Cette artiste a reçu de nombreuses bourses du Conseil des arts et des lettres du Québec ainsi que du Conseil des Arts du Canada. Ses œuvres se retrouvent dans de nombreuses collections, dont celle du Musée d’Art contemporain de Montréal.

15 juin - 13 août 2005
Trashformations: Michel de Broin, Jérôme Fortin, Karilee Fuglem, Louis Joncas
« En 1997, j'ai créé Fluff, une série de photographies que j'ai agrandies juste au-delà de ce que me permettait le négatif afin de rendre la lecture des images plus difficile….trois moutons de poussières et un nuage. Ces petites boules deviennent encore plus pelucheux par le processus photographiques et rappellent des formes extra-terrestres, des insectes ou des cicatrices. More Fluff (Particular) célèbre encore une fois l'humble mouton de poussière, mais cette fois-ci en couleur et en utilisant un procédé numérique qui joue sur la dispersion des pixels au lieu du grain photographique. Prises avec un simple appareil photographique numérique, ces traces du domestique que l'on retrouve partout sont agrandies au-delà des normes acceptées de résolution. Leur présence est magnifiée et elles prennent une dimension autre que ce que l'on retrouve habituellement sous le lit. Le procédé d'impression au jet d'encre disperse encore davantage les particules qui composent ces images et nous met au défi d'appréhender microscopiquement l'image. On se sent pris par les cajoleries de ces moutons même si on ne connaît pas grand-chose d'eux. »
Originairement de la Colombie-Britannique, Karilee Fuglem vit et travaille à Montréal depuis 1989 où elle a complété une maîtrise en arts visuels à l'Université Concordia. Elle a eu de nombreuses expositions au Canada durant les derniers 10 ans et tout récemment elle figurait dans l'exposition Avancer dans le brouillard au Musée national des beaux-arts du Québec (2004-05) et l'an dernier à la Edmonton Art Gallery dans l'exposition Sense et à la 2ème Manif d'art de Québec en 2003. Cette année-là, Oakville Galleries présentait une exposition individuelle de son travail. Son « breathing wall » fut présenté à la 1ere Biennale de Montréal en 1998 et « Languor » dans l'exposition De Fougue et de passion au Musée d'art contemporain de Montréal. Fluff (1997) fait partie des collections permanentes du Musée d'art contemporain de Montréal et a été présentée récemment dans l'entrée principale du Musée.

23 avril - 4 juin 2005
Karilee Fuglem: Connective Tissue
Pierre-François Ouellette art contemporain est heureux de présenter les nouveaux travaux de Karilee Fuglem, réunis sous le titre de « connective tissue », du 23 avril au 4 juin 2005. L'artiste sera présente au vernissage le 23 avril de 15 h à 18 h. L'artiste présentera de nouvelles œuvres où elle poursuit son intérêt pour une forme de compréhension matérielle de phénomènes quotidiens non visibles, par exemple les résidus de conversation, la présence persistante de quelqu'un qui vient de partir, ou encore la notion selon laquelle quelqu'un « demeure avec nous » après sa mort.
« M'inspirant de la ténacité des araignées dont les toiles perturbent l'idée que je me fais d'une pièce vide, j'ai réalisé deux sculptures en érigeant lentement une construction à l'aide de fils, selon des systèmes de tissage cumulatif. À partir d'une surface extérieure à peu près de la largeur de mes bras ouverts, la géométrie imprécise, gestuelle, des fils finit par créer un enclos pouvant à peine contenir une personne. Des kilomètres de fil se trouvent ainsi amassés sur une surface équivalente à des bras ouverts. Dans une des sculptures, un fil continu presque invisible a été enroulé et déroulé sur lui-même pour former une colonne lumineuse ; dans l'autre, les fils s'entrecroisent selon un motif de constellation qui s'apparente au grain de la peau, pour créer un noyau élastique de ténèbres écrasantes. C'est la tension qui maintient tout en place, transformant une fragilité autrement insupportable en architecture.
« Les distances méditatives invisibles – où mon esprit erre lorsque je fais ce travail répétitif – ont leur contrepartie palpable dans les longueurs de matériel, nous rappelant que le toucher est "une demeure pour l'intériorité", comme l'écrit Irigaray, rendant ainsi possible la conscience. Mon dévouement envers la tâche – ce travail sur la place laissée par quelqu'un qui est parti – y devient ainsi incarné. Je me perds dans le processus, et à ce moment précis, je suis l'espace, autant que je suis dans l'espace. »
Accompagnant ces sculptures, des dessins montrant des amoncellements de cercles et de lignes ont été laborieusement grattés sur des feuilles de vinyle, déformant subtilement les surfaces lisses, réfléchissantes. Ils s'inscrivent dans la série de « dessins invisibles » que poursuit l'artiste, ainsi qualifiés parce qu'ils posent un défi à la perception visuelle.
« Le moindre changement dans la perception habituelle peut faire prendre conscience des complexités de l'expérience visuelle, mettant en valeur l'aspect physique primaire aussi bien que l'évaluation mentale de l'objet sous considération. Ces derniers dessins témoignent de la réflexion en tant qu'objet : il est impossible de les regarder sans passer par leur exaspérante surface brillante. Enfin, la pièce réfléchie tout autour et la présence physique même du visiteur font nécessairement partie de l'expérience de la réception de l'œuvre. » L'artiste tient à remercier: Louis Barrette, Michael Merrill, Carolyn Oord, Anne Kim, Le conseil des arts et des lettres du Québec and The Canada Council.

11 mai - 23 juin 2002
Karilee Fuglem: Some day soon you'll stop searching for meaning
"La fenêtre de mon atelier donne sur un recoin où toute une faune de petits débris tourbillonne au gré du vent : sacs vides, journaux, feuilles et mégots dansent, heurtent la vitre, et j'en sursaute. Ces vies périphériques ont leur manière de se rappeler à nous. Dans cet atelier je me suis préoccupée de ce que j'appelle des dessins invisibles, même s'ils ne sont pas vraiment invisibles, ni tout à fait des dessins, c'est un effort de percevoir, donc de faire. Une chose tout juste perceptible peut aviver la conscience de ce qui est et des signes que l'on en capte, comme un écho senti du visuel. Il survient entre le Qu'est-ce ? et Je crois avoir vu ! un éclair de compréhension qu'aucun mot ne satisfait. Au loin, des édifices tout à l'heure embrasés par le soleil couchant se mêlent maintenant dans l'obscurité à l'image de mes affaires éparpillées, toute la pièce bientôt projetée dehors. Pourquoi s'obstiner à ne garder qu'un point de vue ? Les reflets ont intégré mes réflexions, le regard se jouant de lui-même, au gré de la lumière." Traduction d'un propos de Karilee Fuglem, mai 2002